C'est quoi les différentes techniques de décapage ?
Sablage à sec, sablage humide, micro-billage, aérogommage, sablage sur verre... chaque matériau a sa technique. On démêle tout ça.
Sablage à sec, sablage humide, micro-billage, aérogommage, sablage sur verre... chaque matériau a sa technique. On démêle tout ça.
"Décapage", c'est un mot valise. Chez nous, ça recouvre plusieurs techniques bien différentes, chacune adaptée à un matériau et un résultat précis. Petit tour d'horizon.

Old school is good school ! On parle d'un papier abrasif crénelé qui peut avoir toute une gamme de degré d'agressivité d'abrasion. Pas cher du tout, tout repose sur ton endurance et la force de ton bras.
Si tu es célibataire mais que tu veux faire croire que t'as un bras (beaucoup) plus gros que l'autre et que ce n'est pas dû à des actes masturbatoires frénétiques : présente toi comme ponceur. Ça passe crème.
C'est un process qui marche nickel, crevant et (ultra) chiant (que personne veut faire) mais avec un bon contrôle du résultat final. Mais c'est leeeeeeent... et ça marche pas sur tous les revêtements. Big up & respect à nos Collègues qui utilisent cette méthode.

Le level-up du ponçage manuel. C'est ni plus ni moins que prendre le papier de verre décrit, le fixer sur un appareil électrique qui le fait vibrer/faire des cercles concentriques ou des mouvements rapides d'avant/arrière (je parle d'orbitale mais y a tout un tas de forme de "sabot" pour la ponceuse et donc d'orientation de mouvement). Moralité tu t'exploses moins le bras à bourriner ta surface, la machine "fait le boulot".
Ça reste un procédé relativement lent quand tu as des grandes surfaces, et le problème reste entier quand tu as des revêtements récalcitrants. Il y a toute une gamme de robustesse de machine selon que vous soyez Bob le bricoleur du dimanche ou Miguel le peintre en bâtiment, car oui j'adore respirer l'odeur du moteur brûlé de la ponceuse le matin. Mon comptable aussi. Bien que le papier soit pas cher, en général quand tu as ce genre de machine la notion de "consommable" prend toute sa dimension.
Sur du gros chantier faut sortir le caks de Darth Vador parce que ça commence à envoyer du lourd niveau poussières. Mais tu t'en fout car tu fumes du Bizon depuis 10 ans pas vrai ?
Dernier point qu'on a constaté : la difficulté à obtenir une surface parfaitement uniforme du 1er coup. En effet selon l'angle que tu prend avec ta machine, l'état de ton papier et la force de ton mouvement il y a fort à parier qu'il faille revenir sur la zone un paquet de fois avant d'obtenir un global uniforme. De ce fait il y a une perte de matière saine qui arrive, alors on s'en fout quand on est sur de la grosse épaisseur (quoique) mais quand tu bosse sur du délicat, de la surface fine c'est "comme même" chiant heui.
Ah et pis tant que t'es sur une surface plane youpi, dès que y a des angles de partout... tu chiales du sang car la machine passe pas partout ou tu vas trop attaquer telle ou telle zone.

Le dernier né des technologies de décapage, encore à ses débuts mais hyper prometteur (le mec impartial payé par le fournisseur). Pour vulgariser à l'extrême c'est un jet de glace carbonique (sa Mère). La vélocité de l'impact et la nature de la glace provoquent un choc thermique (j'résume à mort hein) qui pulvérise/vaporise tout ce qui est sur le support. Le "liant" au niveau moléculaire se désagrège, donc tout tombe (sauf ta dignité).
C'est un procédé qui est en constant chamboulement limite d'un mois sur l'autre vu qu'il y a une course à la miniaturisation et des améliorations constantes. Efficace dans pratiquement toutes les configurations (sur du heavy duty comme du délicat) c'est un procédé pratiquement aussi rapide que le sablage en terme de mouvement/résultat mais pas du tout au niveau du jet qui fait un diamètre rikiki comme ma b...agnole.
Au final c'est une technologie qui semble idéale pour le médical, l'alimentaire et présente un intérêt béton pour les véhicules au sens où il n'est pas "invasif" sur les circuits électriques/blocs moteurs. On peut shooter direct sans tout bousiller/mouiller. Gros bémol ça coûte la peau du popotin en terme de machine ET de matière première (la glace carbonique). Sans parler du fait que t'es à la botte totale de Gazpac (qui est le seul fournisseur potentiel). A moins de monter ta station de production.
On est nous-même hyper intéressés par cette technologie et il est pas impossible qu'on en reparle rapidement (wink-wink).

Attention je ne parle pas ici du "vapor blasting" (qu'on utilise) mais bien de la méthode à l'ancienne de eau chaude + détergents. Un gros lave-vaisselle quoi. Utilisée en boite fermée et plus rarement en extérieur (parce que mon poulet si tu te prends une goutte tu vas chanter l'Opéra tellement ça brûle).
La méthode d'extérieur est plus sous forme de vapeur que celle en box (pour éviter ce que je viens d'expliquer). C'est des techniques redoutables pour virer tout ce qui est graisse et hydrocarbures etc. Ça ne fonctionnera cependant pas sur tout : certaines peintures, la rouille etc.
En usage extérieur attention aux émanations car finalement tu "vaporises" une partie de ce que tu enlèves, compare ça avec l'état de ta hotte de cuisine après avoir fait de la friture : la vapeur grasse s'est foutue partout.

(ou tout autre produit ultra corrosif comme notre humour) : et bien... Je... Comment dire... Ne faites pas ça. Voilà. Alors je parle pas de tartouiller vite fait au pinceau 2-3 bricoles hein. Je te parle de la méthode industrielle par bains successifs que les mafieux adorent pour faire disparaitre leurs fans. Ultra réglementé car hyper polluant.
Mega dangereux pour ton enveloppe charnelle qui est — rappelons le — ton principal atout pour séduire au Piano Bar (la beauté intérieure est une invention des moches). Dramatique pour tes poumons car au-delà du risque de projections les émanations sont terrifiantes. Même si tu bosses avec un masque, des gants, un préservatif, à un moment ou un autre : y a un raté. Et crois-moi que ça pardonne pas, je sais de quoi je parle.
En terme d'efficacité on est dans le radical, le top ponpon. Mais trop. Attention au temps de trempage tu vas avoir des surprises et c'est sans retour. Ne fonctionne pas sur tout loin de là car plus agressif qu'un politique qui attend son dessous de table depuis trop longtemps. Sauf erreur totalement interdit sur le Territoire mais je peux me gourer.

Air haute pression + eau. Parfois eau haute pression tout court. Parfois air ET eau haute pression. Jusqu'à 3 000 bars et je parle pas du Perchoir. Si tu te prend pour Jason Monmoahinu et que tu kiffes Aquaman : cette méthode est faite pour toi.
Idéale pour "dégrossir" du gros-dégueulasse-industriel, c'est une technologie cependant vite limitée au sens où la pression est telle, que ça bousille le support direct. Si tu dois retirer du marquage au sol ou travailler un support déformable tu vas tout défoncer. Comme les autres méthodes "industrielles" c'est bruyant mais si tu dois retirer de la rouille c'est garanti que tu vas faire sauter la couronne de métal sain autour.
C'est une méthode qui du fait de la présence d'eau va largement moins en foutre partout, mais aucune chance de passer sur un bloc moteur où il y a de la tuyauterie fine ou des raccords/flexibles plastiques : tu vas tout bousiller. L'aluminium se déformera comme du beurre. Donc hyper efficace mais dans un domaine hyper restraint.

La punition Divine. Le Feu de Dieu. Une efficacité redoutable mais pas sur tous les supports ni tous les angles. Ta facture EDT équivaudra au PIB du Burkina Fasso selon les modèles (surtout quand tu te branches CHEZ le Client) et l'encombrement de la machine au bout du tuyeau est non négligeable selon l'objectif (mais en constante miniaturisation comme quand t'as froid t'sais ?).
Autre gros problème : les vapeurs de décapage émises, limite vaudrait mieux sucer un pot d'échappement d'un V12 au démarrage. Sauf si le modèle est avec aspirateur & gros filtre à particules.
Ça reste un procédé très prometteur en constante évolution notamment au niveau de son effet induit de stress sur le support métallique s'il est fin. En effet la sublimation / vaporisation (selon le type de laser continu ou par impulsion) génère encore un warping du métal de par le plasma créé. En clair ça tord le métal s'il est fin et c'est chiant quand tu dois ré-emboîter une aile kwa.

De l'air haute pression + de l'abrasif (y en a différents types). La méthode de prédilection de Shai Hulüd (Loué soit son passage). Ça. Marche. Super. Bien. Sa. Mère. Mais ça demande du matos sérieux.
Arrêtez de croire les vidéos Youtube où on vous explique que tu peux monter ta sableuse pour moins de 100 000 Fcfp. Je peux aussi monter un cinéma en t'enfonçant la tête dans le tambour de ma machine à laver et en y jetant mon Vini le son à fond. Tu seras dans le noir avec l'impression d'avoir un son 5.1. Mais le film sera toujours merdique. Il te faut un compresseur sérieux et le reste qui va avec sinon ton résultat sera jamais nickel.
Procédé hyper bruyant. Par ailleurs à moins d'avoir un caisson étanche tu vas en foutre partout. Quand je dis partout je te parle de retombées sur la surface d'un terrain de foot (c'est pas des conneries, fait tes recherches internet). Ensuite (et de ce fait) tu vas être limité par la taille de ton caisson, à moins d'en faire un mastok dans lequel tu peux rentrer un bateau. Et là faut faire péter la combinaison de plongée avec respirateur indépendant et tout le bordel (évacuation d'air forcée dans le caisson etc.) car le sablage classique est interdit en extérieur.
Le sablage ça marche du feu de Dieu, mais peut-être trop. On a le matos pour le faire, on a testé à pression, abrasif, revêtement, distance identiques ben devinez quoi ? On enlève clairement de la matière saine. Le finish est beaucoup (et inutilement) plus agressé et rugueux.
Par ailleurs le sablage génère des étincelles et mon copain, quand tu bosses sur un réservoir ou un environnement à risque (genre station service etc.) ben tu prends un aller simple pour une rencontre avec Dieu.
Dernier point : quand tu bosses sur des parties fines il y a un effet de "warping" qui intervient. La pression exercée est telle que la tôle se tord, et quand tu dois remboiter une pièce... ben ça rentre pas. T'es bon pour re-chercher le bon angle, la bonne courbe en torsion inverse.
Mais sinon à part ça c'est du sérieux et on a le matos pour faire du sablage classique (on le fait sur miroirs par exemple, regarde notre album photo PRO-GLASS).

De l'air basse pression + de l'abrasif (pareil, y en a différents types). C'est ni plus ni moins que du sablage... mais basse pression. Donc plus prévu pour des choses délicates à la base (comme la pierre, les meubles, ou certains lecteurs de cette page qui s'offusquent pour un oui ou pour un non. Bisou. C'est cadeau.)
C'est un procédé en constante évolution puisque le 2.0 du sablage, et il parvient maintenant à décaper des choses plutôt hardcore comme des jantes de bagnoles. Procédé plus ou moins bruyant selon ton compresseur, et le bec de ta lance.
On rencontre un peu les mêmes galères que le sablage au sens où tu te retrouves à devoir nettoyer un lieu digne d'un gang-bang, mais encore une fois tout dépend du process : beaucoup fonctionnent dans un caisson (encore une fois selon la taille c'est plus ou moins de galères logistiques comme le sablage classique) mais il y a surtout 2 méthodes en vogue. L'une consiste en un aspirateur en sortie de lance qui diminue nettement les projections sur le chantier, l'autre est l'utilisation d'abrasif de type soda qui "fonde" dès qu'il pleut, ou d'autres abrasifs qui éclatent tellement sous l'impact qu'ils se vaporisent littéralement.
Très bon procédé, pas forcément idéal pour shooter du lourd (comme du très rouillé ou des peintures industrielles) mais contraignant pour les raisons que j'ai citées plus haut. Voir notre unité mobile PRO-WOOD.

Le sablage humide. Le top. Les meilleurs. Les Mamans nous aiment toutes en secret. Au dessus c'est l'soleil. Et en plus tellement modestes qu'on cherche même pas à s'expliquer/se justifier donc j'arrête là (bruit de porte qui claque).